Publié le: 29 septembre 2026 Publié par: Louise Commentaires: 0
Refonte site pme

Pour choisir une agence web quand on dirige une PME qui a déjà un site, le bon réflexe est de juger le prestataire sur la refonte et sur l’après, pas sur la maquette. Trois questions tranchent la plupart des cas : qui sera propriétaire du nom de domaine et des contenus, comment les anciennes adresses seront redirigées, et qui assurera les mises à jour une fois le site en ligne.

Points clés

  • En 2025, 65 % des TPE et PME françaises ont un site internet, et 81 % des PME (Baromètre France Num 2025) : la majorité des entreprises ont déjà un site à reprendre.
  • En Bretagne, 85 % des établissements de 9 à 499 salariés déclaraient un site en 2023 (enquête Marsouin).
  • Le nom de domaine, les accès d’administration et les contenus doivent être au nom de l’entreprise, écrits noir sur blanc dans le contrat.
  • Un plan de redirections des anciennes URL fait partie du devis d’une refonte, au même titre que le design.
  • La maintenance est le point faible des petites structures : 38 % seulement déclarent appliquer régulièrement les correctifs de sécurité (Afnic, 2025).

Pourquoi la refonte est devenue le vrai sujet des PME

La question n’est plus de savoir s’il faut un site. D’après le Baromètre France Num 2025, mené par la Direction générale des Entreprises auprès de 11 021 TPE et PME entre mars et avril 2025, 65 % des entreprises interrogées disposent d’un site présentant leur activité. La proportion monte à 81 % chez les PME. Pour une entreprise de 20 ou 50 salariés, le projet qui se présente est donc le plus souvent une refonte d’un site existant, avec son historique, ses pages déjà indexées et ses habitudes.

La tendance est la même en Bretagne. L’enquête Entreprises 2023 de l’observatoire Marsouin, commandée par la Région Bretagne auprès de 992 établissements bretons de 9 à 499 salariés, relève que 85 % d’entre eux ont un site internet. Dans ce contexte, comparer des agences sur leur capacité à « faire un beau site » ne suffit plus. Ce qui les distingue, c’est leur méthode pour reprendre l’existant sans rien casser.

Le même baromètre France Num donne aussi l’objectif que les dirigeants assignent à leur site. Parmi les bénéfices d’un site, l’acquisition de nouveaux clients est le plus cité par les entreprises équipées (48 %), loin devant l’image de modernité (39 %). Une refonte doit donc se juger sur sa capacité à amener des demandes de contact ou des ventes, et le cahier des charges doit le dire explicitement : quelles pages doivent convertir, quels formulaires, quel suivi statistique.

Agence locale, agence à distance ou freelance : que comparer ?

Le format du prestataire change surtout l’organisation du projet. Une refonte demande plusieurs ateliers de cadrage, des arbitrages sur l’arborescence et une recette avant la mise en ligne. Pour une entreprise d’Ille-et-Vilaine qui veut mener ces étapes autour d’une table, passer par une agence web à Rennes simplifie les réunions de lancement et la formation des équipes à l’outil d’administration. À l’inverse, un prestataire à distance peut convenir quand le projet est très cadré et que l’interlocuteur interne est à l’aise avec la visioconférence.

Critère Agence locale Agence à distance Freelance
Ateliers de cadrage En présentiel possible En visioconférence Selon la personne
Compétences couvertes Souvent design, développement et référencement Variable, parfois très spécialisée Une ou deux compétences, le reste sous-traité
Continuité après la mise en ligne Équipe, donc suppléance en cas d’absence Équipe, suivi par ticket Dépend d’une seule personne
Connaissance du marché local Atout pour un site à clientèle régionale Faible Variable
Point à vérifier Références comparables à votre secteur Interlocuteur unique nommé Plan de reprise si indisponibilité

Aucun format n’est meilleur dans l’absolu. Le critère décisif reste la cohérence entre la taille du projet et la structure du prestataire : un site vitrine de dix pages ne justifie pas la même équipe qu’un site marchand relié à un logiciel de gestion commerciale. Demander deux ou trois références d’entreprises de taille comparable, et les appeler, reste la vérification la plus fiable.

Les points de contrôle techniques avant de signer

Le nom de domaine est le premier sujet à verrouiller. Selon l’étude Afnic « Réussir avec le web » 2025, 90 % des TPE et PME qui ont un site possèdent leur propre nom de domaine, mais seulement 51 % utilisent une adresse e-mail associée à ce domaine. Avant de signer, il faut vérifier que le domaine est enregistré au nom de l’entreprise et non de l’agence, et que la messagerie professionnelle est prise en compte dans la migration. Sans cela, changer de prestataire plus tard peut bloquer à la fois le site et les e-mails.

La maintenance est le second point. La même étude Afnic, réalisée auprès d’un panel de près de 2 500 micro-entreprises, TPE et PME, note que seules 38 % déclarent appliquer régulièrement les correctifs de sécurité, et 38 % sauvegarder leurs données. Un devis de refonte sérieux précise donc ce qui se passe après la mise en ligne : fréquence des mises à jour, lieu et durée de conservation des sauvegardes, délai d’intervention en cas de panne, et coût de ce suivi.

Pour les sites qui vendent aux particuliers, l’accessibilité est devenue une obligation. Depuis le 28 juin 2025, les sites e-commerce des PME qui s’adressent aux consommateurs (BtoC), hors microentreprises et TPE, doivent être accessibles aux personnes handicapées, en application de la directive européenne 2019/882, comme le rappelle France Num. Une agence qui refond une boutique en ligne doit pouvoir expliquer comment elle traite ce point, dès la maquette et pas seulement à la fin.

Point de contrôle Question à poser à l’agence Réponse attendue
Nom de domaine Au nom de qui est-il enregistré ? Au nom de l’entreprise cliente
Accès Aurons-nous un compte administrateur ? Oui, remis à la livraison
Anciennes URL Comment gérez-vous les redirections ? Un tableau ancienne adresse / nouvelle adresse, testé avant la bascule
Maintenance Que couvre le suivi après la mise en ligne ? Mises à jour, sauvegardes, délai d’intervention chiffrés
Réversibilité Que récupère-t-on si l’on change de prestataire ? Fichiers, base de données et contenus, sans frais cachés

Deux cas concrets de refonte

Dans le premier cas, une entreprise du bâtiment refond son site et change la structure de ses adresses, par exemple de /nos-services/renovation-toiture/ vers /toiture/. Sans redirection permanente (code 301) de l’ancienne adresse vers la nouvelle, les pages que Google connaissait renvoient une erreur 404, et les liens obtenus au fil des années pointent dans le vide. Pour l’éviter, on liste toutes les URL existantes avant la refonte, on associe chacune à sa nouvelle adresse, puis on teste la liste après la mise en ligne.

Dans le second cas, une PME découvre, au moment de changer de prestataire, que son nom de domaine a été réservé au nom de l’agence précédente. Pour le transférer, elle doit obtenir un code d’autorisation auprès du détenteur, ce qui peut prendre du temps si la relation s’est dégradée. Les entreprises bretonnes qui utilisent l’extension .bzh, dont l’Afnic assure la gestion technique, sont exposées au même risque qu’avec un .fr. Une clause de propriété dans le contrat de départ évite ce blocage.

Préparer la consultation en une page

Un cahier des charges court suffit pour obtenir des devis comparables. Il gagne à contenir les éléments suivants :

  • l’adresse du site actuel et la liste de ses pages les plus consultées ;
  • l’objectif principal de la refonte, formulé en demandes de contact, en ventes ou en candidatures ;
  • les outils à connecter : logiciel de gestion commerciale, prise de rendez-vous, CRM ;
  • les contraintes légales connues, dont l’accessibilité pour un site marchand qui vend aux particuliers ;
  • les attentes sur le suivi : formation, maintenance, statistiques.

Envoyer le même document à trois prestataires permet de comparer des réponses sur une base identique. Les écarts de prix s’expliquent alors par le périmètre réellement couvert, ce qui rend l’arbitrage plus simple qu’avec trois propositions construites chacune sur sa propre interprétation du besoin.

FAQ – Questions fréquentes

Comment choisir une agence web pour une refonte de site ?

Il faut comparer les agences sur trois points : la reprise de l’existant (redirections des anciennes URL, migration des contenus), la propriété du nom de domaine et des accès, et le suivi après la mise en ligne. Des références d’entreprises de taille comparable, que l’on peut appeler, complètent l’évaluation.

Une refonte fait-elle perdre son référencement ?

Elle peut le faire si les adresses changent sans redirection. Quand chaque ancienne URL est redirigée en 301 vers sa nouvelle version et que les contenus utiles sont conservés, le risque est fortement réduit. Ce plan de redirections doit figurer dans le devis.

Le site de ma PME doit-il être accessible aux personnes handicapées ?

Pour un site e-commerce qui vend aux particuliers (BtoC), oui depuis le 28 juin 2025, sauf pour les microentreprises et les TPE, selon la fiche pratique de France Num sur la directive européenne 2019/882. Pour un site vitrine, l’accessibilité reste une bonne pratique à demander dès la conception.

Sources

  • Direction générale des Entreprises, Baromètre France Num 2025 (enquête auprès de 11 021 TPE et PME, mars-avril 2025) : https://www.francenum.gouv.fr/files/2025-09/Barom%C3%A8tre%20France%20Num%202025%20-%20Rapport.pdf
  • Marsouin, Enquête Entreprises Bretagne 2023, tris à plat (992 établissements bretons de 9 à 499 salariés) : https://www.marsouin.org/IMG/pdf/entreprises_2023_new.pdf
  • Afnic, étude « Réussir avec le web » 2025, communiqué du 1er décembre 2025 : https://www.afnic.fr/wp-media/uploads/2026/01/251201_CP_Afnic_Etude-RALW-2025.pdf
  • France Num, Accessibilité des sites de e-commerce, fiche pratique : https://www.francenum.gouv.fr/guides-et-conseils/developpement-commercial/site-e-commerce/accessibilite-des-sites-de-e-commerce